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Nuit de la poésie 2025
Invitée à la 4ème édition de la nuit de la poésie à Arles, j'ai présentée sept de mes créations à l'oral accompagnée d'un pianiste.
Cette première expérience m'a beaucoup plu, c'est rendre vivant les mots face à un public conquis et sensible.
Je vais encore améliorer la diction pour transmettre plus d'émotions mais, j'ai appris à ralentir le rythme et accentuer les intonations.


La nébuleuse
Me Voici Toute mignonne. Je Suis Une Nébuleuse.

Des couples mythiques
Saurez-vous les reconnaître ?

Je dis slam.
JE DIS SLAM
Je hais les non dits
Je préfère les dire
Je maudis l'ennemi
Je préfère en rire.
J'aime les mots dits
Même les plus durs à lire
On parle puis on oublie
Seuls restent les écrits.
Il n'y a pas d'interdit
Je n'ose pas mentir
Les mots ne sont pas un délit
Toute vérité est bonne à dire.
Lorsqu’écrire j'ai envie,
Je laisse ma plume à son délire
Attends, je ne t’ai pas tout dit
Le pire reste à venir.
Quoique tu fasses de ta vie,
L’écriture et le sourire
Lorsque tu es démoli
Peuvent te reconstruire.
Ecoute ce que tu lis
Et si toi aussi tu y prends du plaisir,
Alors tu auras compris
Que ce que j'aime, c'est écrire.
Ce que nous sommes.
Lorsque tu me croises dans la rue
C'est sur, je ne passe pas inaperçue.
Aux premiers abords,
Je suis différente et alors ?
Que tu sois gros, petit, trisomique,
Aveugle, amputé ou tétraplégique,
Ton image fait peur ou fait pitié
Et tu déranges l'ordre de la société.
Lorsqu'on parle d'intégration,
Je me dis que le normal n'a pas toujours raison,
Que chacun dans ce monde est différent
Mais que le monde n'est pas toujours tolérant.
Je n'ai pas choisi cette vie
Mais c'est la vie qui me sourit
Même lorsqu'elle rime avec galère
Je garde toujours les pieds sur terre.
J'ai appris à vivre avec cette déficience
A force de volonté et de persévérance
A affronter les difficultés
Sans jamais perdre ma dignité.
J'essaye de me débrouiller seule dans la vie
Même si elle ne rime pas toujours avec autonomie,
Mais, quand on me propose de l'aide, je l'accepte
Car, la solidarité, à ce moment-là, ça se respecte.
La vie est ma résilience
Car je n'ai jamais perdu confiance
Même si on n'échappe pas toujours aux clichés
Quand on parle d'une personne handicapée.
Il faut du temps pour changer les mentalités
Un regard, une parole peuvent tout bouleverser.
Rappelle toi que personne n'est parfait,
Çà, je suis sûre que tu le savais.
En tout cas, on a tous un point commun
Ce sera valable aujourd'hui comme demain
C'est que nous sommes tous différents
Sur deux pieds ou en fauteuil roulant.
Demain, lorsque tu me croiseras dans la rue
On aura l'impression de s'être déjà vu
Et maintenant qu'on se connaît un peu mieux
On fera, si tu le veux, un bout de chemin à deux.

Télé réalité.
On avait pris rendez-vous de sept à huit : c’était un jour de foot.
J’ai attendu et il est arrivé à
C’était incroyable mais vrai, il était beau et je peux vous le dire en aparté, j’avais la musique au cœur.
On a parlé vie privée, vie publique, j’avais le droit de savoir s’il était thé ou café et on s’est souhaité bon appétit bien sûr.
J’ai joué la carte aux trésors pour découvrir son maillon faible mais faut pas rêver, on ne peut pas plaire à tout le monde.
Alors, on a tout essayé en dévoilant les 4 vérités dans des confessions intimes.
On était sans aucun doute comme les enfants de la télé mais dans les z’amours, c’est capital, y a que la vérité qui compte.
J’avais atteint la cible sans toucher aux sept péchés capitaux. Je préférais faire motus plutôt que d’écouter des chiffres et des lettres.
Combien çà coûte ? Qui veut gagner des millions ?
Eh, j’suis pas crésus moi : on n’était pas là pour parler argent même si çà se discute.
Alors, j’ai utilisé la méthode Cauet et j’ me suis dit vivement dimanche.
C’est sur, tout le monde en parle, mais personne sait c’est quoi l’amour.
Je n’avais plus de questions pour un champion, alors, je lui ai dit : c’est à prendre ou à laisser.
De cette aventure amour, gloire et beauté, J’écrirai un livre, un jour, mais en attendant le résultat des courses, j’aurai passé une sacrée soirée !

Sérieuse ou audacieuse
Si le passé appartient aux prétentieux
Et l’avenir aux curieux,
Je serai plutôt celle de maintenant
Car la vie, je pense, se vit au présent.
Je ne suis pas de ces nostalgiques
Qui pleurent les bons moments et les tragiques
Et qui oublient que c’est aujourd’hui
Qui me sourit.
Je suis tantôt sérieuse
Comme la bonne élève du premier rang
Tantôt audacieuse
Comme un mauvais garnement.
Même si je n’ai pas toujours le temps
De tout faire,
Ce que j’aime faire
C’est de toute façon à 100 %.
Sérieuse ou audacieuse,
Je mène ma vie à mon allure
Le principal est d’en sortir heureuse
Et d’en profiter sans mesure.

Trouver chaussure à son pied !
Que vous soyez à pied, à cheval ou en voiture, c’est certain que le chemin sera long : ne vous attendez pas à courir comme un lapin, économisez vos forces pour tenir la distance sans ça, vous risquez de ne plus pouvoir mettre un pied devant l’autre.... Après de longs efforts pour trouver chaussure à votre pied, car c’est bien là le but recherché, il vous faudra tenir pied pour garder l’amour tant convoité.
Il peut arriver, par malheur, de tomber sur un casse-pieds ou de se faire marcher sur les pieds (par un mauvais danseur !) et vous n’aurez pas le choix : mettre les pieds dans le plat et le remplacer au pied levé !! Ah non, jamais de la vie on ne me coupera l’herbe sous le pied de cette façon...
Je me souviens d’un rendez-vous où j’étais là assise l’attendant de pied ferme : il arriva, je le dévisageai de la tête au pied, et m’arrêtai sur son regard. Il me fallut un quart de seconde pour réaliser que j’étais au pied du mur : je ne pouvais plus reculer et je devais garder les pieds sur terre.
J’écoutais à demi-mots ses aventures, troublée par cette voix qui me faisait perdre pied mais surtout perdre la tête........ mais rien n’y fit, j’ai lâché pied, je le quittai sans « à bientôt », ravie d’avoir rencontré un si bel homme (il avait un pied à terre dans la région) et conversé bon pied bon œil.
Il n’est pas toujours facile de retomber sur ses pieds lorsqu’on est pris d’un tel vertige : mais, j’ai appris à ne pas tout prendre au pied de la lettre, à toujours me lever du pied droit et à ne pas me moucher du pied. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve en bonne ou mauvaise surprise : moi, je préfère les bonnes, c’est pourquoi je suis toujours sur le pied de guerre et je suis décidée à faire des pieds et des mains pour continuer mon chemin.......et faire au destin un grand pied de nez..........
Trouver l’âme sœur sans avoir les mains et poings liés et me dépêcher avant d’avoir un pied dans la tombe !

Pour Lucien.
Lucien est un copain,
Il est non voyant,
Il est parti tel le pèlerin
Avec son bâton blanc.
Sans tambour ni trompette,
Il a décidé de marcher
Qu'importe sa requête,
L'important est la volonté.
Pour lui, son objectif
N'est pas l'exploit,
Mais le bonheur à vif
Dans la poursuite de la voie.
A Saint Jacques de Compostelle,
Il a choisi d'être guidé,
En tout cas l'essentiel,
C'est sa liberté.
Les kilomètres défilent
Sous ses pas volontaires,
Il commencera le vingt avril,
A l'assaut de cette terre.
Il finira en mai,
Fatigué mais pas vaincu,
Souvenirs tous frais,
Dans sa tête, il a vécu
Ses oreilles sont ses yeux,
Il racontera son voyage,
Appréciant chaque lieu,
De cette aventure, il a tourné la page.
Il repartira
Un autre jour certainement,
Car Lucien, je le crois
Est un battant vraiment.
Pour lui, le jour est comme la nuit
Mais dans son cœur brille le soleil,
Il avance sans bruit,
Car vivre est l'essentiel

La fleur et le bourdon.

Une fleur, au pistil tendu,
Se laissa succomber dans l'abîme,
Par cette toison velue,
Marbrée du sombre présage de son but ultime.
Butinant la belle, la frôlant à tâtons,
Le bourdon connaissait son arme virile.
La fleur, envahie de frissons,
S'étiolait à ces instants fébriles.
Le bourdon, happé par sa beauté,
Sentit en lui envahir son odeur.
La fleur, sous son ombrelle mouillée,
Dévoila sa légère candeur.
Radieuse et épanouie,
Elle écarta sa corolle florale
car elle avait en elle l'envie
De régaler de son nectar le mâle.
Soumise à ce tactile désir,
Elle s'abandonna frémissant
Dans un souffle de plaisir
Aux mouvements de ses assauts enivrants.
La volupté de l'étreinte
Exalta la nature,
La mignonne s'en fut éteinte
Et l'animal voleta vers d'autres aventures.

IWAZARU
Le silence est d’or ?
Qui a dit ça ? Mon avocat ?
Je serai sans doute un condamné à mort
S’il n’avait pas si brillamment défendu mon cas.
Il y a bien des fois où ne rien dire
Vaut mieux que trop parler
Mais amuser l’assistance et faire rire
Ça, c’est du travail sans filet.
J’ai toujours tenu ma parole
Et la langue de bois,
Sans prendre de casseroles,
Ça, je ne connais pas.
Y’en a qui hurlent pour que je les écoute
Pourquoi crier,
Et me mettre le doute,
J’entends très bien, même les apartés.
Si, pour certains, le silence est vérité
Je vais finir par croire qu’être sourd
Est plus utile que d’avoir de l’humour
Car pour moi, c’est plus de la lâcheté.
Envoie tes mots sans faire de bruit,
Les jolis, les moches et surtout les vrais
Car la franchise peut être ton amie
A toi de me les dire sans regret.
Et même si la parole a parfois tort,
Il faut souvent briser le mur du silence
Pour se rendre compte sans effort
Qu’une réponse vaut mieux qu’une absence.









