
Une fleur, au pistil tendu,
Se laissa succomber dans l'abîme,
Par cette toison velue,
Marbrée du sombre présage de son but ultime.
Butinant la belle, la frôlant à tâtons,
Le bourdon connaissait son arme virile.
La fleur, envahie de frissons,
S'étiolait à ces instants fébriles.
Le bourdon, happé par sa beauté,
Sentit en lui envahir son odeur.
La fleur, sous son ombrelle mouillée,
Dévoila sa légère candeur.
Radieuse et épanouie,
Elle écarta sa corolle florale
car elle avait en elle l'envie
De régaler de son nectar le mâle.
Soumise à ce tactile désir,
Elle s'abandonna frémissant
Dans un souffle de plaisir
Aux mouvements de ses assauts enivrants.
La volupté de l'étreinte
Exalta la nature,
La mignonne s'en fut éteinte
Et l'animal voleta vers d'autres aventures.
