Egrenant tes secondes pour chasser le passé,
Evaporation d’instants trop souvent regrettés,
Tu remplis ma vie volatile
D’un vide chronométré où chacun attend son heure.
Y aurait-il une minute à perdre pour atteindre le bonheur ?
Seconde éphémère d’un compte à rebours
Marquant la déchéance d’un naïf papillon.
Course contre la montre du cycliste échappé du peloton.
Sonnerie stridente d’un réveil matin au petit jour.
Le temps, inéluctable décompte
De l’angoisse d’une attente à l’impatience du lendemain,
Jamais ne saisira les caprices du destin,
Réflexion trompeuse ou histoire que l’on se raconte
Pour avoir l’illusion de maîtriser son avenir.
Ne préférez-vous pas savourer le temps avec plaisir ?
Belles rides de ton âge creusées sur ta peau et usure de tes os,
Libération anticipée du prisonnier qu’on avait oublié,
Famille chérie par la naissance du bébé,
Nous sommes tous des otages de Chronos.
Le temps, source de gain virtuel
De minutes consommées sans modération,
A pourtant fait patienter celui qui attend sa guérison.
Mais il sera toujours l’ami des enfants qui désirent une nouvelle.
Ne perdez pas de temps à de futiles broutilles,
Vous en gagnerez à contempler les minutes qui s’effilent.
Avancez à votre allure, sans délai ni durée,
N’y a-t-il pas de meilleur ami qu’un présent dégusté ?



